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Bien que toutes les formes de fiction soient imitatives, la représentation
dramatique d'une action est la plus parfaitement telle car elle
repose sur la condition que l'univers dramatique habité est
autonome et représente une réalité momentanée
équivalente dans sa signification - ses conséquences
- à celle de l'univers social hors du théâtre.
Parce qu'elle est jouée hic et nunc, elle prétend
appartenir au présent et non au passé.
Toute représentation dramatique est cependant un ensemble
construit de perceptions et d'interprétations. La notion
d'instrumentalité disparaît. La perception d'une construction
dramatique possible de l'action et du thème par le dramaturge
est interprétée par le metteur en scène qui
projette son interprétation sur les acteurs qui projette
son interprétation sur les acteurs qui à leur tour
la répercutent sur le public. Les spectateurs reçoivent
quelque chose de très éloigné des perceptions
originales du dramaturge qu'ils perçoivent séparément
selon leur propre expérience et leur propre dont l'origine
se trouve dans leur participation, directe ou indirecte, à
des groupes et à une société où ils
vivent. Cette multiplicité de perceptions introduit un élément
d'illusion dans chaque représentation. Les gens voient ce
qu'ils attendent à voir et les acteurs répondent à
cette attente dans mesure de leurs moyens.
Au théâtre les termes de réalité
et d'illusion sont très mouvants mais ils ne s'opposent pas.
Tout ce qui se passe sur la scène peut être défini
comme réel car cela arrive, se voit et s'entend réellement.
Ce sont les sens qui perçoivent et par conséquent
tout est aussi réel dans que hors du théâtre.
Il y a d'autre part accord entre tous ceux qui prennent part à
la représentation, acteurs ou spectateurs, sur le fait que
les deux événements réels qui se déroulent
dans et hors du théâtre n'ont aucune relation causale.
Cette séparation est, assuré d'abord parce qu'aucun
spectateur ne croit que les acteurs sont les gens qu'ils représentent
et ensuite parce que l'action qui modifie la situation, meurtre,
mort pour d'autres raisons, copulation ou naissance, sont toujours
simulés. (11)
Comment l'acteur définit-il le niveau de
réalité auquel le spectateur est censé placer
l'action qu'il voit sur la scène. Elle peut se définir
: par un appel direct au public : le " Me voici, Moi, Saint
George, solide anglais " des mimes médiévaux
(12);
par le mépris affiché et poussé du public dans
le théâtre réaliste à son apogée
à la fin du XIXe siècle; par la participation des
spectateurs dans certaines improvisations contemporaines. La première
solution nous dit : feignons de croire que c'est la réalité;
la deuxième : c'est une alternative probable, une réalité
sans doute très proche et peut-être remplaçant
celle que vous vivez tous les jours dans vos différentes
vies; la troisième dit : faisons de cette réalité
une réalité plus forte que toutes les autres réalités
possibles (" nous pourrons alors descendre nus dans la rue
ou faire la révolution " qui est une partie du message
du Living Theatre).
Chacune de ces versions de la réalité devient sur
la scène un exercice d'illusion. Que l'illusion soit parfaite
dépend moins cependant de la complexité des techniques
mises en jeu que de l'accord profond existant entre acteurs et public
pour savoir lequel de " ces trois niveaux de réalité
" est utilisé; laquelle de ces " définitions
de la situation " est mise en oeuvre.
" Définir une situation " dans
la vie quotidienne s'explique sociologiquement comme un processus
qui naît de la double conscience de l'émergence de
la réalité sociale et de sa relativité. McHugh
utilise le terme d'émergence pour décrire la découvert
de l'interprétation de modèles qui sont actualisés
par l'utilisateur " dans les situations de son entourage immédiat
" et qui lui permettent " d'intégrer des événements
temporairement discrets en leur conférant un fonds de sens
". Prendre part à n'importe quelle manifestation sociale,
appartenir aux relations qui s'établissent à cette
occasion implique que les participants acceptent l'engagement initial
de prolonger la situation et de " se tenir dans certaines limites
". Il faut donc une perception commune de ces limites, l'acceptation
d'un comportement normal définissable, d'une visée
et d'une intention qu'Anselm Strauss a dénommée "
consensus " (concord) (14).
C'est la perception et l'acceptation de ces contraintes qu'imposent
notre présence dans une manifestation sociale et l'acceptation
implicite de valeurs et de significations spécifiques (opposées
à d'autres), à cette explication des causes et des
effets de nos actions plutôt que d'autres, c'est la croyance
partagée qu'elles auront des conséquences et des résultats
précis plutôt que d'autres, que Goffmann appelle globalement
" la participation à la situation " (15).
McHugh suggère que consensus et participation ne sont pas
tant des contraintes données de l'action (comme le texte
des arrêtés et des règlements à l'entrée
des jardins et des parcs publics) que partie intégrante du
processus qui se déroule au cours du rapport social en n'importe
quelle occasion Dans la mesure où ce processus à l'aide
de normes appropriées, fait apparaître des valeurs
et des règles et s'accomplit avec succès, celles-ci
apparaissent liées aux normes, aux valeurs et aux règles
qui avaient cours dans des situations précédentes.
Elles sont donc reçues en tant que relatives. " Émergence
" et " relativité " sont les deux dimensions
qui permettent à la manifestation sociale, au sens ordinaire
de l'expression, de se dérouler. L'acteur voit puis il interprète,
puis il joue.
Bien que cette analyse du mécanisme de la compréhension,
de l'intention et de l'action dans la vie courante puisse paraître
(comme c'est le cas dans les expériences chargées
de le vérifier) trop simplifié, il est néanmoins
fort proche du modèle d'action présenté par
le dramaturge et tenu pour vrai par le public du moins quand les
spectateurs marchent. En même temps, pour que le public comprenne
la pièce, il faut que le sens émerge et que les spectateurs
puissent le rapporter à leur propre expérience, à
leur connaissance des normes, des rôles et des règles
de comportement dans un milieu social, présent ou passé.
Le fait que le thème d'une pièce soit dans la plupart
des cas (sauf dans des improvisations) partie intégrante
d'un modèle prédéterminé et que l'action
soit seulement animée par les acteurs, signifie qu'une sélection
a déjà eu lieu qui conditionne les formes possibles
que peut prendre l'action qui émerge. C'est à ce point
que l'illusion apparaît pour la première fois. Le niveau
de réalité est choisi - la réalité feinte,
l'alternative au réel ou la réalité plus forte
que le réel - et maintenu par l'attitude des acteurs vis-à-vis
de leurs personnages et des spectateurs.
Mais l'illusion n'est qu'un terme spécifiquement
théâtral pour définir un processus inhérent
à tout rapport social. C'est le processus par lequel on concentre
l'attention de ceux qui prennent part à une situation spécifique;
on limite les activités possibles, étant donné
la situation, à ce qui est adéquat, significatif et
lourd de conséquences, on observe enfin un niveau défini
de réalité. Ce processus consiste fondamentalement
à fournir un cadre à l'action. L'important est de
dire le degré de vérité et d'inévitabilité
qu'il faut attacher à un événement. Au cours
d'une réception, les participants savent que le but de l'événement
est la satisfaction et que, comme le dit Simmel : " Tout se
passe comme si tous les gens étaient égaux et comme
si chacun des participants rendait honneur à tous les autres
pris chacun séparément " (17).
Non seulement le " comme si " de cette égalité
de circonstance est une illusion, mais aussi le " comme si
" de l'importance de l'occasion, la nécessité
de prolonger la situation jusqu'à son achèvement,
de prévenir les silences embarrassés, l'hostilité
déclarée ou simplement l'ennui qui pourraient inciter
les gens à partir. " Les formes indépendantes
de jeu " de la sociabilité sont maintenues sciemment
par tous ceux qui prennent part à la réception. Même
dans la vie courante, on choisit un niveau de réalité
bien qu'il ne soit pas toujours possible de le conserver si les
gens ne se plient pas aux règles contraignantes sur lesquelles
repose son maintien. Ces niveaux de réalité recoupent
les trois niveaux de réalité acceptés au théâtre,
la réalité feinte des jeux (NdT.
2), du sport, des cérémonies, l'alternative
offerte par le monde du travail ou de la religion, ou la réalité
plus forte que le réel dont les efforts avoués consistent
à vouloir changer ou à conserver ces définitions
de la situation, " les règles du jeu ".
Ces trois niveaux de réalité dans
le monde social ne sont pas évidemment différents
au sens absolu du terme. Chacun est bâti sur la base de certaines
règles acceptées concernant les résultats possibles
de l'action. L'idée de " réalité plus
forte que le réel " peut être reçue comme
une autre forme de fiction par le sceptique; mais pour l'homme engagé,
elle dénote une dimension dans laquelle des actions irréversibles
peuvent se dérouler et engager toute sa personnalité
et son comportement futur. Bien que seuls les faits biologiques
que sont la naissance, la copulation et la mort soient acceptés
par la plupart des gens comme appartenant à ce concept de
" réalité ", celui-ci peut-être étendu
à toute une série d'événements choisis
par un individu et qui constituent sa carrière biologique
et sociale (son curriculum vitae) (NdT.
3). Le soi " réel ", les activités
" réelles " du soi se définissent en général
dans une vague opposition dialectique du réel à l'irréalité
du " faire-semblant " ou de " l'alternative au réel
". Une personne retranche de sa vie les activités dans
le domaine de la politique, de sa carrière, de sa vie familiale
ou sociale qu'elle considère comme un jeu (play). Pour l'observateur
il ne reste peut-être plus rien après cela, mais, pour
l'individu, la santé mentale peut reposer sur la croyance
en cette réalité résiduelle contre laquelle
tous ses mois inauthentiques, toutes ses actions peuvent être
éprouvées. Par conséquent le monde de l'action
" irréelle " donne un poids à une morale
personnelle qui lui permet d'organiser sa vie " réelle
".
Le substrat - presque la validation - de cette part personnelle
de réalité, c'est l'institutionnalisation du jeu (faire
semblant) ou d'une action inoffensive (l'alternative) dans la société
à laquelle il appartient. Bien plus c'est l'image réfléchie
de l'institutionnalisation de ces trois niveaux de réalité
dans la société.
Le jeu complexe de l'amour et de la courtoisie, l'amour courtois
qu'on trouve dans The Faerie Queene tel qu'il se pratiquait à
la cour de la reine Elizabeth I et dans les résidences de
campagne de ses courtisans, se déroulait au niveau du "
faire semblant " et du " comme si ". Mais là
aussi la réalité des pouvoirs de la reine et l'utilisation
qu'elle en faisait en accordant ou en refusant ses faveurs signifiait
que tout se jouait sur fond de " réalité plus
forte que le réel " définie pour la circonstance
par ceux qui en usaient. La reine et le Comte d'Essex étaient
sensibles à l'élément de jeu dans leurs rapports
mais la colère de la reine ne fut pas feinte et Essex perdit
sa tête pour de bon. Conserver les faveurs ou sauver sa tête
dépendaient en cette période sur la capacité
de reconnaître les signes que le jeu allait être abandonné
pour faire place à une action instrumentale et également
symbolique. Quant aux autres acteurs (joueurs) engagés dans
le jeu politique, l'exécution d'Essex avait aussi valeur
symbolique.
La vie sociale à la fin du XIXe siècle parmi les
couches sociales les plus élevées en Angleterre, la
vie de la Saison londonienne et des réceptions dans les résidences
de campagne, était aux mains d'hôtes et d'hôtesses
qui inventaient consciemment des décors et des situations
propres à fournir des activités de loisirs au niveau
d'une " alternative au réel " mais qui, par suite
de l'inévitable chevauchement des domaines public et privé
que subissent les hommes publics, pouvaient retomber dangereusement
dans l'orbite de la " réalité plus forte que
le réel ". Les rencontres sociales servaient sinon à
débattre de problèmes politiques, d'affaires ou d'intrigues
amoureuses, du moins à prendre la mesure des gens évoluant
dans ces sphères. Tout cela est très clair dans les
romans de Henry James et d'Anthony Trollope. Ceux qui étaient
impliqués accordaient souvent davantage d'importance à
leurs activités de loisir qu'à leurs occupations professionnelles
mais leurs actions n'en étaient que plus restreintes par
les premières. Le monde de l'activité professionnelle
est devenu aujourd'hui pour beaucoup plus important, à la
fois comme lieu de travail et comme lieu de loisir, et fournit souvent
cette " alternative " à la vie domestique ou au
monde extérieur.
Les rapports non officiels entre amis qui sont censés manifester
de la spontanéité et tourner le dos aux manières
devraient n'avoir rien à faire avec les niveaux de réalité
feinte ou alternative et serrer de près au contraire le niveau
de la " réalité plus forte que le réel
". Tout ce qui se passe dans les rencontres amicales devrait
se rapporter à tous les aspects (invisibles) du caractère
et du comportement des participants. Une relation aussi idéale
est bien entendu rarement atteinte ou poursuivie. Mais une grande
sensibilité aux changements de niveau de réalité
s'y développe couramment.
La perception de la réalité est à
coup sûr plus complexe et plus difficile à identifier
que les exemples ci-dessus ne le suggèrent. Schutz qui étudie
" l'attitude naturelle " de l'homme ordinaire en face
de la vie courante a bien décrit la façon dont un
niveau accepté de réalité est conservé.
Suivant Husserl (18),
il utilise le terme epoché pour signifier que le cadre convenable
a été choisi pour un type particulier de situation
et d'action et que, dès lors, toute croyance à la
réalité du monde et des événements extérieurs
à l'occasion ainsi encadrée, est stoppée. Pour
celui qui vit à l'intérieur de " l'attitude naturelle
", l'époché de cette " attitude naturelle
" exclut toute idée que le monde et les objets qui le
peuplent pourraient être autres qu'ils ne lui semblent. (19).
Ce même mécanisme s'applique à l'interprétation
par les spectateurs du sens du monde dramatique présenté
au théâtre, bien que dans ce cas l'époché
- le cadre de l'action - soit défini et temporaire. Le monde
de la pièce de théâtre devient une alternative
fragile à la réalité; d'où la propension
à jouer, comme l'a fait Pirandello, avec les limites mouvantes
entre le monde du théâtre et celui de tous les jours.
Il sait jeter le doute sur le réel sans briser pour autant
l'illusion du réel parce qu'il travaille toujours dans un
monde défini comme irréel. Ce monde reflet peut refléter
des images à l'infini mais ne s'altère jamais. Il
diffère en cela de ces dramaturges contemporains ou de ces
metteurs en scène qui cherchent à briser le cercle
de l'illusion et confondent le monde réel et celui du théâtre.
Ils n'échappent pas pour autant au dilemme de la définition.
En faisant participer les spectateurs à l'action, ils substituent
la " théâtralité " au théâtre.
Le théâtre traditionnel présente
un monde du jeu (qui peut être tout-à fait sérieux)
dans lequel les inquiétudes des spectateurs quant aux résultats
et aux conséquences peuvent se dissoudre et où la
finalité de l'action (sa conséquentialité)
et l'intrusion du hasard sont clairement définis. Dans un
happening ou dans le théâtre d'improvisation les cadres
qui délimitent le monde irréel apparaissent de façon
plus épisodique si bien que le doute s'insinue chez les acteurs
comme chez les spectateurs quant aux conséquences de l'action
dans le monde normalement clos du théâtre, de ce qui
se passe et de ce qu'ils feront une fois hors du théâtre.
Le processus inverse dans la vie courante est l'insistance que nous
mettons souvent à percevoir comme acceptable la théâtralité
de cérémonies et de rituels religieux comme laïcs,
parce que beaucoup d'entre nous pensent qu'ils sont une fonction
même si tel n'était pas leur but premier. (Ceux qui
cherchent des raisons aux cérémonies magnifiques et
coûteuses d'un couronnement veulent voir là "
un acte de solidarité " (20),
une soupape de sécurité à l'émotion
ou tout simplement un plaisir - c'est-à-dire tout autre chose
que son but premier qui est d'affirmer la puissance et l'autorité
de la couronne).
Le cérémonial plus facilement oublié, le rituel
de la vie courante (manifestations, échanges de cadeaux,
le changement rituel d'identité lorsqu'on entre à
l'hôpital, en prison, au service militaire ou encore dans
un poste nouveau, les rites du processus politique, de la conduite
sexuelle, etc...) peuvent tout à coup apparaître comme
des modèles de comportement qui ont échappé
à leur cadre, des scènes irréelles au milieu
du réel qui impliquent à leur tour qu'on jette un
regard plus objectif sur ce qu'on a coutume d'appeler un comportement
courant (non- théâtral). La frontière qu'on
peut tracer entre les deux types de comportement, théâtral
et non-théâtral, repose sur la sélectivité
de notre vision morale conditionnée par le processus de socialisation,
dans un milieu social donné, à un moment donné.
Ce n'est pas seulement une question de degrés d'expansivité.
Le comportement retenu d'un groupe d'Anglais appartenant à
la haute société dans une cérémonie
officielle peut paraître à des observateurs tout aussi
théâtral que le comportement exubérant d'une
famille italienne qui se retrouve, dans les embrassades et les poignées
de main.
La terminologie de la scène est très
largement employée dans le langage courant et représente
une fraction essentielle du langage professionnel des journalistes.
Elle est aussi abondante dans les biographies où l'auteur
est observateur plutôt que créateur de personnages
: " Le jeune étudiant (Trotsky)... qui devait à
tout prix jouer un rôle trouva sa place dans les rangs du
Marxisme - dans le drame du progrès, sur la scène
terrestre, conçus d'une certaine manière. " (21)
Ce type de langage tend à remplacer toute analyse
bien qu'il puisse être aussi utilisé de façon
critique.
Peu de gens aiment à croire qu'ils sont
toujours acteurs. Cette idée est reçue par eux comme
une accusation d'insincérité ou même comme une
négation de leur identité. Heuristiquement, les sociologues
sont prêts à admettre que le moi est inconnaissable
et que tout ce qu'on peut en observer peut être décrit
de manière significative à l'aide de ce qu'ils appellent
la théorie des rôles, extrapolation de la terminologie
du théâtre. (22).
Kenneth Burke qui s'intéresse principalement aux formes fondamentales
de la pensée dans l'action sociale plutôt qu'à
celle-ci et qui " en accord avec la nature du monde dont tous
les hommes ont nécessairement l'expérience "
sont mises en évidence dans l'attribution des motifs, (23),
utilise aussi ce vocabulaire dramatique (les catégories clé
d'acte, de scène, d'agent, d'intermédiaire, d'intention)
comme méthode d'analyse.
La plupart des sociologues se sont intéressés à
l'agent ou à l'acteur et ont utilisé les autres catégories
telles que acte, scène, intermédiaire, masque, motif
et intention qui peuvent s'appliquer à lui. L'accent mis
sur le concept de rôle s'explique parce qu'il fournit le lien
essentiel entre la réalité sociale du monde modélisé
des institutions et des changements qu'elles subissent d'une part
et la réalité humaine de la conscience et du comportement
individuels de l'autre.
Notes
11. Aucune de ces analyses ne s'applique vraiment au nouveau théâtre.
Des groupes comme le Living Theatre ou la Mama essaient de jouer
leurs propres problèmes sur la scène d'être
en fait les mêmes personnes sur et hors de scène. Certains
de ces groupes voudraient aussi être autorisés à
copuler sur scène. Ce n'est pas la première fois que
le théâtre a essayé de présenter plutôt
que de représenter de tels actes. Sous l'empire romain, la
présentation d'actes sexuels et les exécutions où
l'acteur était remplacé par un condamné sur
scène étaient monnaie courante (Voir W. Beare, The
Roman Stage, Methuen, 1950, p. 238). Il est peu probable que les
Romains auraient défendu de tels représentations pour
leur valeur esthétique. C'était des divertissements
considérés par la minorité cultivée
comme symptomatiques de la dégradation du théâtre.
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12. Cette formule a été conservée jusqu'à
la fin du siècle dernier le personnage principal devenant
King Billy ou King George (NdT : Le roi Billy était Guillaume
III (1689-1702). Retour au texte
14. Anselm Strauss et al., Psychiatric Ideologies and Institutitions
(Collier Macmillan, 1964), p. 14 : " consensus (CONCORD) implique
ces accords fondamentaux sur les visées les plus généralement
acceptées de l'organisation ". Retour
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15. E. Goffmann, Behavor in Public Places (Free Press, 1963), p.
37. (NdT : la traduction française de cet ouvrage a parue
aux Éditions de Minuit en 1973 sous le titre de La mise en
scène de la vie quotidienne, tr. A. Arcado, 2 volumes. Retour
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17. K. H. Wolff Ed., The sociology of G. Simmel (Collier-Macmillan,
1950), p. 49. Retour au texte
18. E. Husserl, Ideas, Tr. Boyse Gibson (Allen and Unwin, 1931).
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19. Voir A. Schutz, " Dimensions of the social world ",
in Collected Papers, i i, (The Hague Nijhoff, 1964). Retour
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20. E. Shils and M. Young, " The coronation " Sociological
Review, i no 2 (1953), p. 63. Retour au texte
21. Edmund Wilson, To the Finland Station (Doubleday Anchor, 1953),
p. 428. Retour au texte
22. Voir par exemple, R. Dahrendorf " Homo sociologicus ",
in Essays in the Theory of Society (Standford University Presse,
1968): " La sociologie prend les rôles sociaux comme
éléments d'analyse; son sujet est la structure des
rôles sociaux. Mais en reconstruisant l'homme sous la forme
Homo Sociologicus, de cette manière la sociologie se crée
une fois de plus le problème moral et philosophique de savoir
comment l'homme artificiel créé pour l'analyse théorique
a un rapport quelconque avec l'homme réel dans la vie courante.
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23. K. Burke, A. Grammar of Motives (University of California Press,
1945), p. XV. Retour au texte
Notes du Traducteur
NdT 2. Voir remarques sur les problèmes
que posent la taduction des mots DRAMA, PLAY, PERFORMANCE, p. 25-31
ci-après. Retour au texte
NdT 3. Il est amusant de constater qu'Elisabeth
Burns dise carrière biologique et sociale là où
nous utiliserions curriculum vitae, intéressante perspective
d'ailleurs; rappel métaphorique de la vie conçue comme
un voyage. Retour au texte

Burns,
E. (1975). "La métaphore théâtrale. Le monde
comme scène et le théâtre comme paradigme".
Discours social, no 5, pp.5-21.

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